COUP DE PROJECTEUR

Éditeur Sarbacane
Date de publication 03 octobre 2018

Jeunesse

LES RICHES HEURES DE JACOMINUS GAINSBOROUGH

"L’histoire est très belle, le lapin très attachant, le format original..."

Les Riches heures de Jacominus Gainsborough de Rébecca Dautremer, publié par Sarbacane en octobre 2018 est devenu un bestseller en Allemagne où l’auteure n’était pas encore connue et où le livre illustré jeunesse n’a pas la même tradition qu’en France.


Les livres de Rébecca Dautremer connaissent depuis longtemps un grand succès. Les riches heures de Jacominus Gainsborough s’est vendu à plus de 50 000 exemplaires en France. À l’étranger, il est traduit en douze langues, de l’italien au suédois, en passant par le russe. Pas moins de 45 000 exemplaires circulent entre la Grèce, la Chine et l’Ukraine. En Allemagne pourtant, son œuvre était encore très peu connue. Au point que Claire Hartmann, agent des éditions Sarbacane, a été surprise lorsque les éditions Insel l’ont contactée pour acquérir les droits des Riches heures de Jacominus Gainsborough. "J’étais un peu frileuse car je ne connaissais pas cette marque de Suhrkamp, dédiée à la littérature classique et moderne, je ne savais pas si le livre s’inscrivait bien dans cette liste et si l’éditeur allait valoriser cette auteure", se souvient Claire Hartmann.
 
Une auteure pas tout à fait comme les autres qui, après avoir publié des bestsellers chez Hachette (Gautier-Languereau) pendant longtemps, souhaitait travailler autrement, avec un plus petit éditeur et Sarbacane a su la convaincre de rejoindre son catalogue. En 2016, naît Le Bois dormait, un livre d’art et de jeunesse, destiné à la fois aux enfants et aux adultes et dont elle était, pour la première fois, illustratrice et auteure. Une nouvelle voie qu’elle poursuit avec Les riches heures de Jacominus Gainsborough, et qui enchante les lecteurs comme la presse en France : "un album qui se contemple comme un tableau et se lit comme un conte philosophique" (Le Figaro) ; un "chef-d’œuvre qui bouleversera petits et grands et qui prouve que la littérature jeunesse est un art majeur." (Télérama)
 
Mais allait-il également séduire les lecteurs en Allemagne où le livre illustré jeunesse n’a pas la même tradition ? "Comme dans beaucoup de pays, on y lit des livres illustrés avant de savoir lire et à sept ans, les enfants sont orientés vers des romans dits de première lecture, donc l’album de narration plus complexe, richement illustré, et souvent paginé, existe peu pour cette tranche d’âge", explique Claire Hartmann. Après avoir beaucoup échangé avec Sabine Erbrich, éditrice de littérature étrangère chez Suhrkamp et également responsable de la nouvelle collection jeunesse chez Insel (lancée en mars 2019), elle a été convaincue par les arguments de l’éditrice et lui a cédé les droits, pour une publication à l’automne 2019. 
 
"J’ai immédiatement été séduite par ce texte très littéraire", se souvient Sabine Erbrich. "C’est de la philosophie, et puis l’histoire est très belle, le lapin très attachant, le format original, avec des albums photo à l’intérieur, des tableaux de Delacroix. C’est une esthétique qui plaît aux enfants et aux adultes. C’est précisément ce que nous cherchons. Dans le même esprit, nous avons lancé cette collection avec Christelle Dabos et la série Little people, Big dreams de María Isabel Sánchez Vegara", explique Sabine Erbrich qui avait un autre très bon argument pour acheter les droits de Jacominus : avoir traduit et publié en partie l’œuvre de Beatrix Potter, l’illustre auteure anglaise de Peter Rabbit et à qui Rébecca Dautremer rend hommage dans son album en donnant son prénom au personnage de la grand-mère de Jacominus.
 
Publié sous le titre Das Stundenbuch des Jacominus Gainsborough et commercialisé avant tout dans des librairies généralistes, le livre s’est vendu à 6 000 exemplaires outre-Rhin et a gagné le Prix franco-allemand pour la littérature de jeunesse. L’histoire de Jacominus en Allemagne continue, car, une nouvelle fois, Insel n’a pas résisté au talent de Rébecca Dautremer : Midi pile, un livre très précieux et coûteux – 202 pages de papier découpé – paraîtra en coédition avec les éditions Sarbacane.

Propos recueillis par Katja Petrovic (BIEF)
Mai 2020