Lamassi, Taram-Kubi et Nuhshatum étaient les épouses, veuves, sœurs, des marchands assyriens qui sillonnaient les comptoirs commerciaux au XIXe siècle av. J.-C. Cheffes de la maisonnée en l’absence des hommes, elles géraient les affaires, gagnaient de quoi devenir propriétaires, pouvaient divorcer aux mêmes conditions que leur mari. C’est en déchiffrant les caractères cunéiformes des tablettes d’argile exhumées à Kültepe (Anatolie centrale), représentant le plus ancien lot d’archives privées, que Cécile Michel a repéré la place centrale des femmes dans cette civilisation.