Noble et virtuose, souple et sensuel, le jeu de Nelson Freire est unique. Né à Boa Esperança, il avait commencé à jouer à trois ans pour imiter sa sœur et, à douze ans, faisait une entrée souveraine dans la cour des grands avec le Concerto Empereur de Beethoven. C’est à Vienne qu’il croisa l’autre enfant prodige sud-américain Martha Argerich. Leur accord fut instinctif et immédiat. Il fuyait les feux des projecteurs avec une humilité que soixante-dix années de scène ne purent jamais apprivoiser. Olivier Bellamy lève ici le voile sur l’un des plus beaux secrets des mélomanes.